Camping de confirmation
et
"vingt-quatre heures aveugle" à St-Matthieu
Entrevue avec Josée Bourgault
Josée Bourgault est agente de
pastorale à Notre-Dame-de-l’Île depuis un an. Elle souligne le changement
culturel qu’a représenté le passage de son ancienne paroisse (Saint-Matthieu, à
Touraine) à Notre-Dame-de-l’Île.
Elle nous raconte deux expériences : le camping de
confirmation et le 24 heures aveugle.
Un camping
de confirmation
Josée B. demandait au diocèse un rassemblement des agents de
pastorale qui s’occupent de la confirmation.
Elle a décidé de contacter elle-même les agents de pastorale.
Une douzaine sont venus. C’était le 5 mai 2005.
Josée a raconté son rêve, celui de réunir les jeunes
confirmands, qui sont pris par les études, le travail, etc. Au lieu de leur
demander de participer à une série de rencontres, le projet était de leur faire
vivre quelque chose d’intensif (4-5- jours). De là l’idée du camping.
Au début, personne n’a voulu se lancer là-dedans. Tout le
monde y voyait des objections : assurances, dangers divers, etc.
Donc Josée a oublié l’idée. Marie, d’Aylmer, lui en a reparlé
un mois plus tard. Elle avait un groupe de confirmands intéressés.
Josée a appelé ses jeunes inscrits pour l’année suivante.
Parmi eux, cinq adolescents ont accepté la formule camping. Ils avaient autour
de 15 ans, bénéficiaient d’une solide expérience au sein du mouvement scout et
connaissaient donc la vie en plein air.
Le groupe au complet comprenait finalement 12 jeunes. Les
responsables ont rencontré les jeunes et les parents. Ils les ont informés du
sérieux du camp qui était prévu. Ils leur ont dit que c’était une première, mais
qu’ils étaient bien organisés côté logistique. Ils ont consulté les parents sur
l’aspect sécurité.
Le camp a eu lieu au camping de Cantley.
Les parents se sont investis, côté sécurité et nourriture.
C’était un effort collectif.
Il y avait donc 12 jeunes, deux animatrices plus une autre
personne toujours présente pour assister. Les deux prêtres d’Aylmer, Jacques
Wisemann et André Muamba, ont passé un après-midi et une soirée au camp.
Sur les douze, il y avait cinq jeunes de Gatineau (quatre
filles et un gars) et les autres venaient d’Aylmer (six gars et une fille). Il a
fallu surmonter les divisions : gars-filles, Gatineau-Aylmer, français-anglais.
Il a fallu consacrer le premier après-midi à créer une certaine unité dans le
groupe. Au feu de camp le soir, c’était réglé. (Quand une fille a parlé de son
sport, la ringuette, les gars s’y sont intéressés).
Les animatrices ont demandé aux jeunes de trouver dans la
nature tout ce qu’il fallait pour la messe. Les animatrices ont divisé le groupe
en quatre ateliers. Chacun préparait sa partie de la messe.
On avait prévu des blocs intensifs de catéchèse, autour du
thème : Jésus, un homme de passion. C’était fondé sur la Catéchèse par le jeu et
le symbole, proposée par Ghislaine Rigolt Beaudoin de Sherbrooke. Une catéchèse
adaptée à des enfants de douze ans. Les animatrices ont adapté le langage pour
des jeunes plus âgés.
Les jeunes ont trouvé cette catéchèse très intéressante.
C’était très significatif. Il y avait un engagement solennel …
Les jeunes ont été confirmés en novembre, après une période
d’engagement dans la communauté. Ils n’ont pas voulu être confirmés en deux
groupes. Ils ont été confirmés ensemble.
Mgr Ebacher est allé les visiter au camp.
La catéchèse a duré quatre jours.
Des parents ont assuré la sécurité en tout temps (y compris
la nuit).
Pendant le camp, les jeunes avaient des tâches à accomplir :
dresser la table, laver la vaisselle, partir le feu, ramasser les déchets …
Les thèmes de la catéchèse tournaient autour de la passion.
Jésus, un être de passion. L’Esprit Saint et la passion dans la vie des jeunes
et du Christ. Les jeunes étaient invités à découvrir leurs passions. Ensuite il
y a eu une catéchèse sur la transfiguration : Jésus, un être de passion, qui vit
une relation intime avec trois amis, Pierre, Jean et Jacques, qui les amène pour
leur communiquer ce qui le passionne, son Père, comment ça le transporte,
comment ça le transfigure.
Il y avait aussi une catéchèse sur les dons de l’Esprit dans
ma vie à la lumière de Jésus. Les jeunes découvraient les dons un à un, par le
biais d’un témoignage additionné d’un récit tiré de l’Évangile et raconté par un
animateur. L’objectif consistait à observer le don de l’Esprit à l’oeuvre dans
la vie ordinaire et dans celle de Jésus, puis de repartir avec une question
amenant à une réflexion personnelle sur la présence de l’Esprit dans la vie des
jeunes. Les ateliers étaient donnés dans des « tentes cuisine » installées ça et
là sur le terrain. Les réflexions étaient consignées dans un « journal de
bord » que les jeunes devaient trainer sur eux tout au long du camp.
Une assistante a installé un filet entre deux arbres,
au-dessus d’une table de pique-nique, pour faire un coin de la Parole en
permanence. C’était une sorte de baldaquin.
Les jeunes ont été divisés en petites équipes. Les équipes
étaient chargées d’actualiser un don particulier de l’Esprit, en s’inspirant à
la fois d’une page d’Évangile et d’un exemple tiré dans la vie courante.
L’assistante était arrivée avec une poche d’armée pleine
d’objets. Les jeunes ont trouvé leurs accessoires.
Josée se souvient entre autres de la mise en scène des
aspects adoration et louange.
Les jeunes ont vécu une adoration eucharistique un soir.
Ils ont eu entre autres à formuler les prières universelles.
Les prières qu’ils ont écrites étaient sérieuses, solides.
Les jeunes ont même composé un chant, qu’ils ont chanté à la
confirmation.
Un document de Mme Ghislaine Rigolt Beaudoin : Un cadeau de
Dieu, Père et Esprit, dans une intériorité, a été particulièrement utile. Mme
Rigolt Beaudoin axe ses travaux sur la psychologie de l’enfant, elle offre
beaucoup de visualisations, et parle d’intériorité.
Danielle, une animatrice qui fait du théâtre, a dirigé les
jeunes. Les jeunes ont « embarqué ». Les responsables se disaient que des grands
adolescents allaient peut-être ne pas trop aimer cette initiative.
Ensuite, les jeunes, installés sur des tables de pique-nique,
ont bricolé des figures en pâte fimo. Les œuvres produites ont été cuites à la
maison par la mère d’une fille qui n’avait pas pu venir au camp.
Les œuvres en pâte fimo (une guitare, une fleur, etc.) ont
été apportées à l’offertoire.
À Notre-Dame-de-l’Île, les jeunes préfèrent des rencontres à
l’église à un camp de confirmation.
Le matin du départ, il y a eu une célébration de la parole,
avec l’abbé Lévis Martel.
Le
vingt-quatre heures aveugle
Un diocèse québécois avait mis sur pied cette formule pour la
préparation à la confirmation.
Le vingt-quatre heures aveugle a été bâti dans le cadre des
JMJ de Toronto, originalement. Il s’agissait d’illustrer la parole : « Vous êtes
le sel de la terre et la lumière du monde ». La formule a été construite autour
de la Conversion de Paul. Il y avait un avant, un pendant et un après.
Au début, les jeunes vivent la quête de Paul, après sa chute
sur le chemin de Damas. Puis ils ont les yeux fermés pendant vingt heures. Ils
font toutes sortes de choses les yeux bandés.
Josée a vécu une telle expérience deux fois, une fois avec
Pascal Tanguay, et une fois avec Gilles Lagacé.
La première fois, les jeunes venaient de Saint-Matthieu,
Saint-Alexandre et Saint-François-de-Sales. Chaque paroisse était responsable
d’un repas. Cela se passait à Saint-Matthieu.
La deuxième fois, toujours à Saint-Matthieu, les jeunes
venaient de Saint-Matthieu et Saint-Alexandre.
Les jeunes arrivent le soir. Il y a un rite d’engagement. Ils
revivent leur baptême. le rite de renoncement à ses yeux (les jeunes viennent un
à un et apposent leurs doigts dans une peinture, on leur met le bandeau et ils
repartent avec un bâton)
Puis on fait la lecture de la première partie du texte de
saint Paul
Pendant que les jeunes ont les yeux bandés, ils ont
différentes activités de loisir. Ils écoutent même un film!
Ils doivent se parler deux par deux, main dans la main.
Ils sont invités à sentir toutes sortes de choses
Il ont des ateliers faisant appel à un sens particulier. Par
exemple, ils écoutent des musiques bizarres et doivent bouger selon leur
inspiration.
Ils jouent au hockey avec une balle et de petits bâtons; ils
ont à faire un casse-tête; ils prennent même des photos; ils mettent du poli à
ongles sur les mains d’un ou d’une autre jeune; ils jouent à la chaise musicale.
Les jeunes disent des choses bien différentes les yeux fermés
que les yeux ouverts!
Ils vivent l’expérience comme une confirmation de ce qu’ils
sont capables de faire.
Les jeunes qui ne se parlaient pas beaucoup le premier soir
communiquent beaucoup plus facilement le lendemain matin. Le bandeau enlève
toute inhibition. L’expérience partagée favorise l’échange.
Au terme des vingt heures, il y avait le récit de la
Conversion de saint Paul recouvrant la vue.
Avant d’enlever leur bandeau, les jeunes doivent dire ce
qu’ils ont découvert d’eux-mêmes.
Ils doivent écrire sur une acétate leur nom en acrostiche et
à partir des lettres, inscrire une qualité, une découverte lumineuse de qui ils
sont.
Ils sont aussi appelés à inscrire, avec un crayon d’une autre
couleur, leurs côtés plus sombres.
Ils doivent ensuite tremper l’acétate dans un bol d’eau.
Quand ils ressortent l’acétate, les côtés sombres sont effacés seul le premier
crayon était indélébile). Ils se voient comme Dieu les voit.
Mgr Ebacher a participé à ce volet de l’expérience.
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